VILLE ROMAINE ET MEDIEVALE VAISON-LA-ROMAINE

Vaison-la-Romaine est située sur les deux rives de l’Ouvèze à 50 km d'Avignon, dans le département du Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Vaison la Romaine Provence France gmca 1

La ville possède un riche patrimoine historique et architectural provenant de l’Empire romain et de la période Médiévale.

La ville est avant tout connue pour son pont et ses vestiges romains particulièrement vastes et somptueux, illustrant la vie des familles patriciennes et fonctionnaires de Rome.

Pendant la période de la Gaule narbonnaise, Vaison a été une des villes les plus riches de la province.

Parmi l’héritage archéologique en monuments historiques sont classés : le pont romain en 1840, la chapelle de Saint Quenin en 1840, et le théâtre antique en 1862.

Aujourd’hui, le théâtre antique est un lieu de concerts.

Libellée « Cité chorale Européenne », Vaison-la-Romaine accueille les chanteurs en polyphonie du monde entier. Les concerts ont lieu tous les trois ans pendant l’été depuis 1953.

VASIO VOCORTIORUM

Vaison, l’antique Vasio Vocontiorum était, avant la conquête romaine, une des capitales des Voconces.

Des vestiges des VII – Vème siècles avant J.-C. découverts sur la rive gauche de l’Ouvèze, actuellement emplacement de la Haute-Ville, témoignent que la ville a été habitée par les populations ligures, puis celto-ligures.

Après l’invasion des Voconces au IV ème siècle avant J.-C., Vaison s’appelle alors "Vasio voncontiorum", qui signifie "Vaison des Voconces".

Les Voconces, peuple d’origine celtique, occupaient un territoire limité par la Durance au sud, l’Isère au nord, le couloir rhodanien à l’ouest, la Durance et les Préalpes à l’est.

VAISON-LA-ROMAINE : CITÉ FÉDÉRÉE DE ROME

Au Ier siècle avant J.-C, la capitale celte devient la "cité fédérée" de Rome. Les Romains en font la ville la plus pompeuse de la région : thermes, théâtres et demeures privées sont comparables à celle de Pompeï.

Les quartiers de Puymin et de la Villace, ainsi que les maisons « des Messii », « au Dauphin », ou au « Buste d’argent », la basilique, le théâtre et les objets des collections du musée archéologique, témoignent bien de ce qui fit de la vie dans cette ville de 15000 à 20 000 habitants, l’une des plus riches de la Gaule Narbonnaise.

VAISON-LA-ROMAINE : LE PONT

Le pont gallo-romain sur l’Ouvèze a été construit au Ier siècle après J.-C. Son arche unique, de 17 m d’ouverture et large de 9 m, est constitué de cinq arcs en plein cintre et s’appuie sur le rocher. La rivière favorisait un intense trafic commercial assuré par des corporations de navigateurs. Le pont fut classé "Monuments historiques" en 1840.

VAISON-LA-ROMAINE : LE THÉÂTRE ANTIQUE

Témoin de la prospérité de la ville antique de Vasio, ses dimensions et sa structure permettaient d’accueillir jusqu’à 7000 spectateurs.

Sa construction date approximativement du Ier siècle après J.-C. Le théâtre a été creusé dans le flanc nord de la colline de Puymin, conformément aux recommandations de l’auteur latin Vitruve.

Restauré au cours du IIIème siècle, le théâtre a été probablement utilisé jusqu’au début du IVème siècle. Les historiens supposent que, suite au décret d’Honorius en 407, qui ordonnait dans toutes les provinces de renverser, de briser ou d’enfouir les statues des divinités païennes, les effigies des empereurs et des autres divinités qui ornaient le mur de la scène ont été déplacées dans les parties les plus profondes du théâtre. Au début de la Renaissance, il ne restait du monument que deux arceaux.

QUARTIER DE LA VILLASSE

Le site archéologique de la Villasse correspond à un quartier riche et très actif de la ville antique avec ses rues, ses boutiques et son ensemble thermal. Aujourd’hui on peut visiter des vestiges de la maison du Buste en Argent, la maison au Dauphin, les thermes et la rue des boutiques.

La Maison du Buste en Argent

Avec la partie occidentale constituée d’un vaste jardin agrémenté d’un bassin et d’un ensemble thermal, la maison atteint la surface de 5 000 m2 au sol, ce qui en fait la plus somptueuse des maisons urbaines de cette époque. Les appartements ont été richement ornés de mosaïques et de revêtements en marbre.

Les thermes

L’ensemble thermal, destiné aux bains et aux exercices physiques, a été construit vers 10-20 après J.-C. Plus tard, dans le courant du Ier siècle de notre ère, il a perdu son caractère public et a été intégré dans le plan de la maison du Buste en Argent. L’hôtel des postes est construit sur les thermes du centre.

La Maison au Dauphin

Construite comme une ferme au Ier siècle avant J.-C., cette demeure a été transformée en maison de ville au IIème siècle après J.-C. De la voie piétonne, on y pénétrait par un escalier encadré par des boutiques.

La rue des boutiques

Elle est située sur un axe Nord-Sud de la ville. On y accédait à l’est par un large trottoir et à l’ouest par une galerie piétonne que l’on devine aux colonnes qui supportaient l’étage des bâtiments. Seules la grande salle et les latrines sont visibles : l’essentiel du bâtiment se trouvant sous l’actuel bâtiment de la poste. Plus bas, l’entrée de la Maison du Buste en Argent prenait place entre deux boutiques.

QUARTIER DE PYUMIN

Le site archéologique de Pyumin correspond à un quartier riche de la ville antique : aujourd’hui on peut visiter les vestiges de la maison à l’Apollon lauré (probablement la Maison des Messii), la Maison à la Tonnelle, la Villa du Paon avec ses mosaïques, le sanctuaire à portiques et le théâtre antique.

Construit sur le site dans la période moderne, le musée municipal contient des objets de l’époque romaine.

La Maison à l’Apollon lauré (La Maison des Messii)

La Maison à l’Apollon lauré est analogue aux plus belles demeures de Pompée : sans compter la partie sud où s’était trouvée l’entrée principale, la maison occupe 2 000 m2 et est constituée d’une salle à manger, cuisine, thermes privés, latrines (toilettes), et grand jardin à portique orné d’un bassin, salle à mosaïque et cour.

La Maison à la Tonnelle 

Cette immense maison d’environ 3 000 m2 s’est constituée à partir d’un habitat modeste du Ier siècle avant J.-C., au cœur d’un domaine agricole. Au IIème siècle, la domus s’étageait sur plusieurs niveaux au moyen de terrasses et de sous-sols. La grande cour occupée par la tonnelle d’une salle à manger d’été et par un puits donnait accès à un escalier à double volée. De là, on gagnait la partie privée de la maison : salles, cour, thermes. Le secteur nord était réservé aux activités domestiques : cour avec bassin, salle avec four et dolium (réserve à grains), latrines.

Le sanctuaire à portiques

Le sanctuaire à portiques encadrait un grand jardin à colonnade. Probablement, c’était un lieu public à vocation de promenade, voire de culte consacré à un dieu, un empereur ou une personnalité locale. Des moulages de sculptures y ont été placées : le Diadumène (réplique romaine d’un original du sculpteur Polyclète), l’empereur Hadrien et son épouse Sabine.

Le musée municipal s’élève au-dessus de ce quartier sur les pentes du coteau.

VAISON-LA-ROMAINE MÉDIÉVAL

Après la chute de l’Empire romain, Vaison est devenu un centre religieux important : un évêché y existe depuis le IVème siècle. Deux conciles s’y réunirent en 442 et 529.

La ville s’est développée en plaine autour de la cathédrale et du palais épiscopal, où elle subit plusieurs invasions dûes aux conflits, entre les comtes de Toulouse et les évêques successifs.

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Au XIIIème siècle, la population s’est refugiée sur le rocher (Haute-ville), au pied du château construit par les Comtes de Toulouse, mais devenu propriété papale.

LA HAUTES-VILLE ET LE CHATEAU DU COMPTE DE TOULOUSE

Au début du XIIème siècle, Vaison fait partie du marquisat de Provence qui dépend du comte de Toulouse. Raymond VI, comte de Toulouse, voulait affirmer son autorité face à l’évêque qui s’était établi en seigneur dans la ville médiévale (vallée) depuis 1108.

Pour affirmer son pouvoir, Raymond VI fait élever une tour, en bois, puis en 1195, en pierre. La haute-ville commence à s’organiser au pied du château.

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L’entrée dans le bourg est marquée par une porte fortifiée du XIVème siècle, que domine la tour du Beffroi.

Sur la rue de l’Evêché se trouve l’hôtel Fabre de Saint-Véran qui abrite l’hostellerie du Beffroi. Plus loin, la chapelle de la confrérie des pénitents blancs jouxte la maison de ville de la famille de Taulignan et celles des de Montfort.

En poursuivant, on passe devant l’ancien évêché, aménagé à la fin du XVIème siècle. Place de l’Orme, on verra la Maison du Prévost du Chapître et la façade de la chapelle Sainte-Constance, puis l’église-cathédrale. En face de l’église s’élève la demeure soignée des de Blégiers. A côté de l’église, sur la placette, s’ouvre une vue magnifique sur la vallée de l’Ouvèze : on voit le quartier du pont romain, la rivière, et le Mont-Ventoux.

L’ÉGLISE DITE CATHÉDRALE-HAUTE

L’église est édifiée en 1464 à l’emplacement d’une ancienne chapelle. Elle est située à l’aplomb de la falaise et englobe à sa base le rempart de la haute-ville. Le clocher du plan carré est daté de 1470.

Cet édifice, modifié au fil du temps, a été délaissé en 1897 lors de la reprise du culte dans la cathédrale romane Notre-Dame-de-Nazareth.

MONUMENTS ROMANS DE LA VILLE BASSE

Dans la ville basse, â l’ouest de la Villasse, se trouvent des édifices romans, la chapelle Saint-Quenin, et plus au sud, la cathédrale Notre-Dame de Nazareth et son cloître.

LA CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE NAZARETH

Avec l’expansion du christianisme, la ville s’est d’abord établie autour de son monument religieux, la cathédrale Notre-dame de Nazareth, église-mère de la diocèse de Vaison. La cathédrale a été édifiée au XIème siècle, ses fondations sont en partie superposées aux vestiges gallo-romains. Son architecture est un très bel exemple de l’art roman provençal. L’une de ses caractéristiques est la présence de vestiges antiques réemployés lors de sa construction.

L’évêque résidait dans le palais épiscopal proche et les chanoines dans le cloître et ses bâtiments annexes.

CLOÎTRE NOTRE-DAME DE NAZARETH

Le cloître Notre-dame de Nazareth se situe au nord de la cathédrale. Il comporte quatre galeries entourant le jardin. L’architecture rappelle la fonction du péristyle de la maison romaine : éclairer, aérer et relier des pièces. Les salles réservées aux chanoines : l’armarium (la bibliothèque), la salle capitulaire, le réfectoire et la cuisine, le cellier, le dortoir ne sont pas sauvegardés. Seul subsiste le lavabo dans la galerie nord. Les galeries sont appuyées sur des colonnettes avec chapiteau et sont surmontées par des arcs plus grands. La plupart des chapiteaux sont décorés de feuilles d’eau (palmettes), mais certains avec des feuilles d’acanthes, des entrelacs, et de petits personnages stylisés. Ces décors sont sculptés dans des blocs de marbre récupérés par les artisans du moyen-âge sur les vestiges antiques. En dehors de ce décor traditionnel, il faut souligner une gravure insolite : il s’agit d’un visage masculin. Les yeux en amande, le nez droit, la barbe bifide rappellent les représentations byzantines du christ avec les cornes de taureau qu’il porte sur la tête. Elle s’intègre dans la clef de linteau de la porte ouest.

Dans le cloître se trouve l’inscription monumentale en latin que l’on suit sur le bas-côté de la cathédrale. Elle est exceptionnelle par sa taille. Il s’agit d’une invitation à vivre selon la règle de l’Eglise. Le cloître abrite également un sarcophage en marbre du IVème siècle présentant les douze apôtres. Une croix à double face de la fin du XVème siècle est ornée du christ et de la vierge sur l’autre face.

LA CHAPELLE SAINT-QUENIN

Édifiée dans la seconde moitié du XIIème siècle, la chapelle a été dédiée à Saint Quenin, évêque de Vaison au VIème siècle. La nef a été reconstruite entre 1630 et 1636.

L’édifice de style roman est distinct par son abside de la forme triangulaire décorée des demi-colonnes à chapiteaux corinthiens.

Dans la maçonnerie de la façade occidentale rebâtie au XVIIème siècle, on peut admirer un bas-relief représentant un vase à pied d’où s’échappent deux rameaux de vigne avec des grappes et des feuilles, le tout surmonté d’une croix latine gemmée. Ce motif représente aujourd’hui les armes de Vaison.

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Cuisine traditionnelle à base de produits régionaux

Adresse : 1, Quai Maréchal Foch - Route de Malaucène 84110 Vaison-la-Romaine